
Dépistage du Cancer du col de l'utérus
Octobre 2012
Le cancer du col de l'utérus est le deuxième cancer de la femme de moins de 45 ans après le cancer du sein. S’il est quasi inexistant avant 20 ans, son incidence augmente très vite dès 20 ans pour atteindre un maximum vers 40 ans. Le dépistage cytologique a permis de réduire considérablement son incidence mais les chiffres stagnent depuis une dizaine d’années . En France 50% des femmes sont surdépistées alors que 50% ne le sont pas suffisamment (voire pas du tout).
Recommandations ANAES
L'ANAES recommande de commencer le dépistage à partir de 25 ans, les 2 premiers frottis sont à réaliser à 1 an d’intervalle puis à un rythme triennal jusqu’à 65 ans.
! Les patientes sous immunosuppresseur doivent être dépistées tous les ans !
Le système de Bethesda a introduit la terminologie ASCUS : C’est le seul système recommandé pour formuler le compte rendu cytologique (la classification de Papanicolaou étant abandonnée)
Critères diagnostiques :
Est considéré comme frottis anormal :
1. ASC : (< 3% des frottis) atypies des cellules pavimenteuses qu’on distingue en :
¤ ASCUS : atypies mal définies correspond en histologie à < 80% de col normal , 20% de CIN de bas grade 8% de CIN de haut grade (CIN 2 OU 3) (CIN=néoplasie intra-épithéliale cervicale)
¤ ASC-H : atypies ne permettant pas d’exclure une CIN de haut grade, 40-50% de ces patientes ont une lésion de haut grade sous-jacente.
2. LSIL: (1à 1.6 % des frottis) lésions malpighiennes intra-épithéliales de bas grade
¤ Correspond à 20 % de col normal ,55% de CIN1 , 25% de CIN 2 ou 3.
3. HSIL: lésions malpighiennes intra-épithéliales de haut grade
¤ correspond à 90% de CIN2 ou 3.
4. AGC : atypies de cellules glandulaires d’origine endocervicale ou endométriale
5. Carcinome : carcinome épidermoide invasif
6. AIS : adénocarcinome in situ
7. ADC invasif : adénocarcinome invasif
Conduite à tenir devant un frottis anormal

A propos de HPV :
Il existe plus de 100 génotypes de papillomavirus humains dont 40 infectent la sphère ano-génitale.
La transmission du virus se fait par contact cutanéo-muqueux, le plus souvent lors de rapports sexuels.
99.7%des néoplasies du col sont ADN HPV +.
74% des souches sont de type 16-18 en Europe: ce sont les souches les plus à risque
On observe une potentialisation du risque si la patiente est fumeuse.
Différentes situations sont observées:
?Infection transitoire avec clairance virale spontanée (8 fois sur 10)
ou
?sucession de stades par période d’environ cinq ans :
-épithélium normal
-dysplasie légère CIN1
-dysplasie modérée CIN2
-dysplasie sévère CIN3
Etant donné le risque de bascule vers carcinogénèse pour les CIN2 et 3 une colposcopie est recommandée.
Les CIN1 sont à surveiller.
La vaccination est aujourd'hui possible. Elle est efficace contre les lésions pré-cancéreuses dues aux HPV 16 et 18.
Elle doit être effectuée , pour être efficace avant le risque de contact avec l'agent infectieux et doit être complète (3 injections).
Le vaccin est pris en charge par l'Assurance Maladie sur presciption médicale et remboursé à 65% (Gardasil* et Cervarix*).
Cependant, les vaccins anti HPV ne protègent ni contre tous les cancers du col ni contre toutes les lésions pre-cancéreuses c'est pourquoi le dépistage par frottis reste indispensable pour les femmes vaccinées
Conclusion
En France, ces 20 dernières années, l'incidence et la mortalité liée au cancer du col de l'utérus ont pratiquement diminué de moitié, notamment grâce au frottis de dépistage.
Pourtant, une meilleure couverture du dépistage pourrait permettre de diminuer encore ces chiffres. Il est donc important de le proposer systématiquement aux femmes, en leur rappelant quel est son intérêt.
Dr Claudie Leclair
Pharmacien Biologiste
Bibliographie
- INPES-prévention des lésions précancéreuses et cancéreuse du cancer du col de l'utérus
- www.has-sante.fr
-ANAES- Recommandations pour la pratique clinique: Conduite à tenir devant une patiente ayant un frottis cervico-utérin anormal